Dans la tempête de répression
dopaminergique les oreilles vont
saigner, je vais révéler le rien
qui occupe le tout
de nos existences de bricoleurs
mondiaux.

Nous sommes des esprits,
peu s’en forgent une idée précise,
nous intervenons partout,
n’influençons nulle part,
corrigeons des entités finies,
nous sommes illimités,
non sans mal, certains
précisément capés pour affoler
la pharmacie, d’autres inentamés
des pierreries, nous nous étageons
en névés, glissons depuis les sommets
vers les plaines,
allumons des brasiers,
montons des fariboles
à découvrir le vrai,
nous agissons par pensée,
de textes et de musique,
le rare, la musique pour le texte,
un air de foire en permanence,
la folie nous guette,
elle nous lâche,
nous la reprenons,
nous agitons le Landerneau
en dépit d’elle, nous abreuvons
la haine des méchants,
nous sommes amour,
pieuvre et choléra,
différenciant pour chaque
la notion qui lui sied,
nous arborisons des humeurs,
élançons des frondaisons
dans des caboches vides,
heurtons des anciens
qui n’auraient pas pris soin
de rester jeunes, amusons
des enfants et titillons
des rebellions pour que respire
l’air de la liberté,
l’air subtil de la libération
des prolongés, nous devons
passer au dessus de la grille,
la grille de Planck,
cet élément de la nature
qui nous projette à travers
l’espace-temps sur un plan
unique de coordonnées,
nous sommes partie
de ce plan et nous lui échappons
en violant ses lois,
les limitations
de vitesse
et de distance,
nous sommes libres
sur cette grille de rayer
le monde pour le marquer
de notre passage,
nous sommes comètes,
planètes folles,
galaxies voyageuses,
nous résistons en nous échappant
des Grands Attracteurs
pour former notre atelier,
nous sommes notre atelier,
nous appelons,
nous menons,
nous débutons,
nous terminons,
nous sommes là,
ici et nulle part,
des facilitateurs,
des intercesseurs,
des catalyseurs
de bonne volonté.

Nous naquîment libres et furieux,
nous ne fument enfant que de taille,
jamais esprit ne s’étant trouvé rassasié
de nos déboires et infamies,
nous sommes les Walkyries,
des hordes barbares ravageant
la plaine antique,
nous fûmes musulmans à Dachau,
arbitraires numéros de soutien
à la loterie des siècles,
mais passons tout ce fatras
de définitions,
voici ce que nous proposons
aujourd’hui :
Nous choisissons la vie,
nous sommes l’antidote,
la force de surmonter la maladie,
la santé pour certains
inquiets de catégories,
le grand rire de Kant
à la liberté de son empire
moralités, nous sommes
cette dureté des sentences,
aucun émoi ne traverse notre sourire,
nous sommes le feu,
la glace et le paradis,
nous sommes bons,
fondamentaux et bons,
généreux et gratuits,
nous sommes le couple
au siècle infernal,
l’homme et la femme
se changeant en multiples,
nous sommes la grande santé
des forêts, grimpants félins
sur les troncs,
nous sommes la fierté
de tes sexualités bizarres,
le fruit des ces démangeaisons,
le pain et la bière se changeant
en vin,
une indication de poussière
tombée du ciel,
la reformulation du triptyque
en un, nous sommes la naissance
et le griffon, la renaissance
dans la pierre, nous sommes
les quatre ailes du dragon,
sa crinière,
une force de proposition,
une filière inemployée,
la terre,
la mer et les éléments
tout entier passent entre nos bras,
nous commençons une vie ici
et terminons là une autre,
nous sommes le choix,
la décision,
le retour du même,
la vie de la vie
et la mort tout court,
nous sommes terminaisons nerveuses,
nous sommes le GABA et la Dopamine
ensemble, nous sommes cholines,
microtubules et cytokines,
récupérateur de sérotonine,
tempête d’adrénaline,
sécateur de filières,
ouvreur de porte,
valets et serviteurs,
nous vous suivons,
nous sommes les acquiesceurs,
les nodulant, le superflu
de la glie,
nous sommes les entremetteurs,
les agitateurs de près,
le calme lointain,
le sable dans le vent,
le ventre et les bras,
la tête et les jambes,
nous sommes les bras de mer
retenus du passage,
nous sommes résurrection
et civières, nous sommes le bouquet
absent de toute floraison,
la torpeur du lundi,
la chasse à l’arc
et la tempête sous la pluie,
nous sommes Olympes,
Valhallas, Temples et prières,
nous sommes les radicaux
libres, vous nous buvez dans du thé,
nous adsorbez dans la fève,
nous sommes anti-religiosité,
des éléments du chaos,
la sérendipité des recherche,
la rémission des péchés,
la bière de printemps
et les fèves de l’arbre,
les pins sous le vent,
une ambiance délétère
ou gaie selon l’humeur
de vos désirs,
nous sommes les génies
à frotter la lanterne,
et l’anse,
et la myrrhe et le pois,
et le vin et le gin,
et nous sommes encore ici et là,
ceci et cela,
dans l’indifférence
des professions de foi,
nous sommes la clef,
nous ouvrons les serrures,
vous êtes en liberté,
vous vivez, nous passons,
nous sommes le temps de l’horloge
et celui du présent,
des morceaux de culture
entiers, la notice et le montage,
nous vous envoyons des baisers,
ne vous trompez pas d’atmosphère,
toute fausse route est un danger,
à l’admirable lecteur de ces pages,
chapeau,
nous n’en revenons pas
d’être ici consigné

* https://en.wikipedia.org/wiki/Genitality_in_the_Theory_and_Therapy_of_Neurosis